Trois membres du groupe Hilight Tribe s’installent pour une interview exclusive à la hauteur de leur set sur le Reperkusound. Ils m’accordent quinze minutes de pur bonheur où ils me dévoilent leur vision du monde et leurs inspirations quotidiennes…

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1/ I : Bonsoir les Hilight Tribe, je suis ravie de vous recevoir ! Vous êtes pas tous présents sur l’interview mais on attend plus personne je crois ?

Greg : On vient rarement à huit, sinon ce serait vraiment compliqué, on nous dirait « c’est quoi ce squatt? » Mais rassures toi tu as le meilleur devant toi !

 

I : Vous connaissez bien Lyon maintenant puisque c’est la troisième fois que vous venez sur le Reperkusound ! C’est quoi la touche en plus que vous avez décidé d’apporter ce soir sur le festival au niveau de votre set ?

: Troisième fois oui ! C’est un festival qu’on adore et on commence d’être habitués, c’est génial ! On se fait la bise maintenant, c’est cool ! (rires)
C’est très simple, ce soir il va y avoir à peu près 80% d’inédit ! En fait, ça va être 80% de morceaux qui sont pas encore sortis dans un album. Parce que tu sais, souvent le public nous demande certains anciens morceaux, si tu leur fais pas Shankara ils t’arrachent la tête ! Et donc ce soir on va faire des morceaux uniquement issus du nouvel album qui est pas encore sorti ! C’est pour ça qu’on demande à ce qu’ils ne filment pas, parce qu’on joue en avant première plein de morceaux du nouvel album qui sortira dans plusieurs mois ! Donc je pense que c’est le meilleur truc qu’on puisse offrir ce soir au Reperkusound !

 

2/ I : Vous n’allez pas y échapper, j’ai lu plein de choses sur votre style musical, que vous considérez de Natural Trance, que les anglais appellent aussi « Organic Trance », mais l’appellation « Techno acoustique » m’a interpellé, pouvez-vous expliquer pourquoi ce nom de techno acoustique ?

G : Alors, pourquoi est ce que nous on utilise « Organic Trance » ou « Natural Trance » ? Ça dépend si on parle à des francophones ou des anglophones. C’est parce que pour nous « Organic Trance » ou « Natural Trance » ça fait rapport à la trance. Donc notre musique se rapproche plus de la trance que de la techno acoustique. Tout est question de bpm.Si tu parles à ta grand mère, et que tu lui demandes « c’est quoi pour toi ce style ? », elle va te répondre « c’est de la techno ». Maintenant si tu parles à des jeunes, ils vont te dire que c’est de la hardcore, de la techno, de la trance… puisqu’ils connaissent plein de styles différents ! Ils ont catégorifiés tous ces styles en fonction de la vitesse, et la techno ça arrive rarement à 150 bpm.

Roots : Alors que nous on joue à 150 bpm.

G : Voilà, nous ça va commencer à 143 bpm, jusqu’à 155 voir 160 bpm sur certaines tracks, tu le sens pas passer, mais c’est pas grave ! Donc c’est vrai que ça se rapporte plus au bpm de la trance.

R : C’est à dire que « techno » ça définit un genre acoustique mais aujourd’hui ça veut aussi dire une certaine vitesse, donc c’est un peu ambiguë c’est pour ça qu’on utilise moins ce terme de « techno acoustique ». Mais c’est vrai que ça parle plus à certaines personnes.

G : Ensuite je vais te dire un autre truc, si tu fais référence à la « techno Berlin » y’a eu plein d’endroits où la techno a été connu et ils utilisent plein de sons dans leur musique qui font référence à l’industriel. Alors que la trance ils vont faire plutôt référence à des choses de l’espace…

R : Psychédéliques !

G : …Voir aujourd’hui, des trucs indianisant ou encore des trucs tribaux ! Donc pour nous la définition c’est plutôt du tribal et de l’espace, que de « l’industrial techno » « i’m a berliner » (en chantant). C’est donc pour ça qu’on utilise plutôt « Organic Trance » que « Techno acoustique ».

 

3/ I : On peut dire que vous êtes un peu les précurseurs de cette forme de Natural Trance, qu’est ce qui vous inspire au quotidien pour composer ? D’où vient l’osmose qu’il existe entre vous ?

R : Déjà ça fait 18 ans qu’on bosse ensemble… Donc on est des potes avant tout, on est une espèce de famille. Et ça, c’est la base de la pyramide !

G : Ça c’est bien dit, c’est la base de la pyramide ! On se connaît aujourd’hui depuis à peu près 24 à 25 ans, et on est sur les routes de France, en tournée, tous les week-end depuis maintenant 18 ans !


I : C’est énorme ! Ca fait combien de concerts ça ?

G : Ah bah on doit pas être loin du millier ! Donc comme a dit Roots, c’est un peu la base de la pyramide !

I : Et c’est ça qui vous a inspiré ?

G : Attention ! Notre inspiration on la prend aux quatre coins du monde. Mais en même temps on a tellement de différences dans notre groupe. Quand t’as un cercle d’amis, heureusement que chacun est différent, parce que si on était fait dans le même moule ça le ferait pas ! Du coup on s’inspire chacun des différences qu’ils existent entre nous. Chacun a son style, il aime des styles musicaux qu’il fait découvrir aux autres, des influences etc…

R : Par le voyage on a quand même découvert pas mal de nos inspirations. En quelque sorte, le voyage nous inspire.

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G : Comme viens de dire Roots, le voyage nous inspire. Mais vu qu’on fait de la trance on cherche à changer de son, on a été puiser dans tous les pays du monde dans toutes les cultures du monde et heureusement y’en a plein. C’est un peu comme les gens qui font de la musique électronique ils ont des bank dans leur synthé, et ils changent leurs sons. Donc toi quand tu as un djembé tu peux pas vraiment changer le son à l’infini. Il a donc fallu aller chercher ; les tambourins des amérindiens, les percussions des indiens, chercher des percussions aux quatre coins du monde, des sons, des instruments comme le cithare, la guitare classique… On essaye de trouver des influences du monde entier mais tout ça au service d’un même style dansant.

R : On écoute aussi de la techno, enfin de la trance…

G : Les deux ! On écoute de tout de toute façon !

 

I : Qu’est ce que vous écoutez comme artistes trance par exemple ?

G : On pourrait t’en citer énormément ! De Ajaa à Tristan, à Vini Vici… Y’en a tellement ! Et puis vu que ça fait 18 ans qu’on est sur les routes, on les connait tous, c’est devenu un peu des potes ! On va pas écouter que de la trance non plus. Roots nous ramène beaucoup de reggae, du dub, on écoute de la salsa… On va écouter tous les styles de musique qui existent, et heureusement ! Yo, nous fait écouter du métal aussi !

Yo : Et du dubstep !

G : Et je pense qu’aujourd’hui c’est ça être citoyen du monde, c’est s’inspirer de toutes les cultures du monde et en prendre le meilleur. Et puis voilà, on essaye de le retranscrire dans notre musique qui a une formule un peu universelle !

R : Nous on a pas peur de mélanger, puisqu’on s’est dit qu’on allait faire de la techno avec des instruments déjà à la base ! On découvre, on voyage, on trouve de nouvelles sources d’inspirations !

G : Et comme a dit Roots, il y a pas de frontières dans notre musique, on fait des mélanges, et on casse un peu les tabous qu’ils existent depuis des centaines d’années des fois ! On prend des instru de musique traditionnels, et on espère que les peuples ne s’offusquent pas, parce qu’on est pas nous des maîtres dans ces instruments là. Eux dans leurs pays, il y a des gens qui ont bossé toute leur vie cet instrument ! Donc on passe un certain temps à apprendre à en jouer. Je le vois pour moi et le cithare, je suis loin d’être un vituose mais maintenant on l’adapte sur scène et on arrive à faire triper des milliers de jeunes et à faire échanger cette culture.
On va d’ailleurs mélanger des instruments traditionnels indien avec des djembé africains par exemple, avec la batterie, avec la basse qui ont rien à voir. Donc tout ça, ça vient de leur culture et on le respecte. Mais le mélange c’est un peu comme la cuisine moderne, allez on mélange tout, tant que ça reste de bon goût ! (rires)

 

4/ I : A votre passif on compte 7 albums, 1 DVD sur votre album « Live in India » qui retrace votre tournée en Inde et qui répond d’ailleurs à toutes mes questions et que je conseille fortement ! Dedans, on y voit le public qui réclame le morceau Shankara, qu’est ce que raconte ce morceau ?

G : Et bah ça tombe bien parce qu’on va pas le jouer ce soir ! (rires) Ça sera juste pour toi !
Si t’essayes de jouer un morceau en français, en France, les gens vont trouver ça nul ! Par contre, si t’arrives en Inde, avec un morceau indien, et que tu le joues pas ils te massacrent ! On avait pas commencé le concert qu’ils étaient là « Shankara, Shankara, Shankara »… Et on leur a dit « Attends, ça arrive sur la set list, c’est vers la fin ». Malheureusement la police est arrivée et a arrêté le concert, on a pas pu jouer le morceau, alors le public est devenu fou ! Voilà, on n’a même pas pu le jouer en Inde ! 

Et donc, ce morceau qu’est ce qu’il raconte ? Beaucoup de gens se reconnaissent dedans en Inde. Dans le morceau, on répète « Ekige », qui signifie « on est un », « we are one ». Après on va prendre des noms de divinités qui représentent chacune un art de vivre, des activités, tout un truc… Par exemple « Om sarasvati »ça évoque une déesse, qui représente la fertilité, les arts et plein d’autres choses. Y’a des millions de personnes qui peuvent se reconnaître à travers ça. Ensuite, « paravati », c’est les récoltes et la nature.

« Om shiva shankar » c’est pas seulement le fumeur, ça représente aussi la spiritualité. Dans cette chanson on parle un peu de tout ce qu’il existe parce « qu’on est un ». Ça a beaucoup parlé aux jeunes. Les jeunes en Inde ils ont vécu dans le traditionnel, ils sont nés là dedans donc c’est très très fort chez eux. Mais ils ont ce besoin aujourd’hui de s’ouvrir vers le monde. Tous les jeunes de Bombay ils s’habillent comme aux Etats-Unis et ils adorent que tu mélanges leur culture avec le truc de l’occident. Ça les rend fous mais dans le bon sens. Et ils ont tous le morceau sur leur téléphone !

R : On s’est inspiré de leur culture et ils adorent ! C’est là où l’Inde c’est génial !

G : Tu sais c’est le pays où il y a 5000 langues différentes, 5000 odeurs, 5000 goûts, et c’est une culture qui nous a fait halluciner ! On est revenu mais ça nous a pris des années. Et ce morceau c’est un peu quand l’Inde et l’occident se rencontrent.

 

6/ I : Votre expérience Reperkusound en un mot (chacun) ?

G : Whaou !

R : Ça percute !

G : Moi je crois que les mots ne permettent pas de définir, c’est ça que j’ai envie de dire. Ce serait difficile de définir ce que j’ai ressenti à chaque fois sur scène. C’est un public qu’on connaît bien, on se sent en famille. C’est un peu comme quand tu vas retrouver ta famille on te dit « Alors comment s’était ? » et que t’as du mal à expliquer…

Y : Accueil ! Nous en technique c’est un truc super important, et on y passe tellement de temps derrière ces machines… Et ici ils font hyper attention à ça. Et pour faire ce genre de musique là, pour retranscrire cette musique en tant que technicien, on a besoin de machines puisque eux ils en ont pas sur scène donc c’est nous la petite partie « machines ». Il faut pouvoir sublimer ce que eux ils font ! Et ici, on nous permet de faire ça bien !

G : C’est vrai que l’accueil est excellent !

Y : L’accueil technique est bien, et l’accueil artistique aussi.

R : Et y’a le public aussi toujours présent qui rempli la salle !

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G : Moi j’ai des questions maintenant ! Tu viens voir qui ce soir ?

I : Moi je viens demain plutôt ! 


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