Mediatone a développé depuis plusieurs années des actions spécifiques en milieu fermé comme à la Maison d’arrêt de CORBAS, au Centre de Semi-liberté de Lyon 7 et à l’Établissement Pénitentiaire pour Mineurs de Meyzieu.
Ces actions sont généralement composées d’un temps de concert et d’ateliers spécifiques en petits groupes. Les détenus bénéficient d’un temps de rencontre avec les artistes et un professionnel de Mediatone mais aussi d’un temps de sensibilisation à des instruments ou des métiers de l’événementiel musical.
Sur une année, l’association peut proposer une dizaine de concerts et environ 50 demi-journées d’atelier avec les détenus.

Retour sur une journée à la Maison d’arrêt de CORBAS par GAS (chanteur de TCHOPDYE) et Jade :

« Avec Mediatone – Concerts à Lyon, on fait ce type d’actions en prison … Dans ce cas, à la maison d’arrêt de Corbas.

À la fin de cet article, retrouvez le texte de TCHOPDYE qui a été slamé par GAS devant les détenus à la fin du concert, moment fort en émotion…

Franchement les ateliers aussi étaient puissants d’humanité. Merci à toutes celles et ceux qui participent à ces journées.

Nous n’étions, pour une partie du groupe TCHOPDYE, soit 3 personnes sur 4, jamais intervenus dans l’univers carcéral. Ainsi, on avait tous des appréhensions, plus ou moins importantes, ou en tout cas, des questions sur la façon dont cela allait se dérouler.
D’abord, il est clair que cela nous a été d’une grande aide d’être accueilli à l’extérieur par l’équipe de Mediatone.
Ayant déjà organisé des concerts dans cette prison, nous étions un peu plus en confiance.
Après le passage à l’intérieur, qui est certainement toujours un peu complexe, un peu stressant, la découverte de l’espace carcéral reste un moment impressionnant.
Les portes, les murs, les grillages, bref la réalité de l’enfermement est un petit choc, nous nous rendons compte de cette dure condition, pour les prisonniers, mais certainement aussi pour les nombreux travailleurs que nous croisons jusqu’au gymnase dans lequel aura lieu le concert.
Pendant l’installation, l’atmosphère s’est un peu détendue, et les quelques détenus que nous croisons montrent de la curiosité pour le concert de l’après-midi.
Au moment du concert, nous sommes surpris, agréablement, de voir entrer dans la salle des filles et des garçons.
C’est, selon les détenus le seul moment où ces deux populations se croisent, ce qui rend le démarrage un peu timide.
Nous avons été très contents d’apporter une « respiration » à ces personnes, qui au fur et à mesure du concert se sont ouvertes et ont répondu à nos sollicitations.
À la fin du concert, ils étaient debout et applaudissaient. Cela a été très agréable, et les détenus sont même venus échanger avec nous après le concert.
Ce qui est vraiment intéressant dans notre échange, c’est de sentir leur intérêt et leur envie de découvrir ce que nous avions à proposer.
Cela c’est d’ailleurs confirmé pendant les ateliers, car le petit groupe a vraiment participé positivement, en acceptant de mettre de côté des préoccupations souvent dures, au profit d’une écoute dans le groupe, et de propositions variées pour nourrir ce groupe.
C’est d’ailleurs important pour nous d’avoir pu intervenir à plusieurs, car nous étions complémentaires, ce qui nous a évité l’impasse, ou la « baisse de régime ».

En conclusion, par rapport à nos appréhensions du départ, il est clair que l’univers carcéral est difficile et qu’y intervenir n’est pas anodin. Ceci dit, nous trouvons dans cette
intervention un sens nouveau à notre travail, la possibilité de pouvoir partager avec tous, au delà du jugement, avec l’envie de sortir du quotidien et d’avoir une « pause » enrichissante pour tous.

Merci d’avoir pensé à nous pour apporter le meilleur de nous même à ces personnes qui en avaient manifestement aussi besoin. »

PRISONS SANS CHAINES (citation)
Gassam alias GAS/TchopDye
Qu’on ne vienne pas me dire, qu’il y en a qui restent par amour
Parmi ceux que je connais combien, vendraient leur vie pour une autre
Combien changerait de monde ?
Devenir le parrain, putes sur le terrain
Gaffe a la C dans le tarin, on meurt trop tôt dans le scenar
Est-ce que je verrais le monde autrement , si j’avais ce que je désire ?
Même ça je ne peux pas le garantir, mon tiers-monde vit trop la misère
Je ne suis qu’un homme qui essaie de marcher droit
Un homme que le mal soudoie, un homme qui essaie de faire ce qu’il doit
Quand beaucoup de ces proches sont les proies
Un homme, trahi par la misère humaine
Traumatisé par les images de chair humaine,
Tout les jours banalisées
La bouche sèche et les poches percées,
Souvent je pêche, parfois je prêche
J’suis l’un des produits du patelin où je crèche
J’ai le cœur comme un oursin, ou une torche
Parfois je rêve d’être saint,
Et des fois je rêve de tâter des seins dans une porsche rouge sang
Et il n’y a pas de trêve sans sang, pas de grève censée
Pas de fête sans sensé, et pas de hit sciencé
Tous formatés depuis l’age de mater dans une prison sans chaîne pleine de matons
Bref, la carotte et le bâton chef, même pour mes ratons
On de vient des faux gueulards inoffensifs,
C’est pas le savoir mais l’envie d’avoir qui nous rend pensifs
Nous voici entre 4 murs, un d’amour, un de haine
Un sur notre parcours et le dernier de flemme
L’envie d’avoir, ça angoisse trop les masses, couz
Manque de feuille dans le porte-flouze
On vient avec une cause, on part en parlant de tass et de bagouzes
On prend ce qu’on nous propose,
On pose comme des mannequins dans des tenues
Comme quoi pas besoin d’être taulard pour être un détenu

Un d’amour un de haine,
Un sur notre parcours, et le dernier de flemme, prisons sans chaînes

Sans chaînes, comme dans une prisons sans chaînes
Un combat sans charme, les portes fermées s’enchaînent
Tu traînes dans la rue comme un chien sans chienne
Un vampire a la recherche de sang tiède, une fringale de sans tiep
Plus de20 piges l’age de la désillusion
Collé au bitume le réel nous fait perdre la raison
Les mères s’inquiètent car ça empiète sur les bonnes résolution
Difficile de faire le choix, quand c’est l’occasion qui fait le larron
La c’est marron

Un d’amour un de haine,
Un sur notre parcours, et le dernier de flemme, prisons sans chaînes
………..

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